Marie-Hélène Goulet a obtenu en 2020 un financement de 3 ans du Fonds de recherche du Québec Société et Culture pour étudier les effets du Plan de crise conjoint sur la prévention des mesures coercitives en institut de soins en santé mentale. Elle nous a contactés pour produire une capsule vidéo afin de promouvoir son projet auprès des participants potentiels mais également pour sensibiliser un public plus large à ces enjeux. Rencontre avec elle et son équipe.

L’équipe est composée de Marie-Hélène Goulet, Christine Genest, Sophie Sergerie-Richard, et Christine Cassivi. Marie-Hélène Goulet est chercheuse régulière au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale (CR-IUSMM) et professeure adjointe à la Faculté des sciences infirmières (FSI) de l’université de Montréal. Christine Genest est chercheuse régulière au CR-IUSMM et professeure agrégée à la FSI. Sophie Sergerie-Richard, et Christine Cassivi sont infirmières cliniciennes, étudiantes à la maîtrise en sciences infirmières à la FSI. Christine est également auxiliaire de recherche à l’IUSMM alors que Sophie est auxiliaire de recherche à l’université de Montréal.

Équipe de Marie-Hélène Goulet

Vous travaillez sur la prévention des mesures coercitives utilisées dans les instituts de soins psychiatriques. De quoi s’agit-il exactement?

Les mesures coercitives regroupent diverses méthodes utilisées dans les milieux de soins en situation d’exception, en particulier lorsque les personnes sont à risque de violence pour elles-mêmes ou pour autrui. Elles font référence à l’hospitalisation et au traitement involontaires, de même qu’à l’isolement et aux contentions mécaniques et chimiques.

Pourquoi est-ce un sujet important?

La littérature scientifique montre que l’utilisation de mesures coercitives a de nombreux impacts négatifs en plus de porter atteinte aux droits de la personne. On sait par exemple qu’elles contribuent à l’escalade de la violence, qu’elles sont traumatisantes pour les patients et qu’elles ont aussi des conséquences négatives sur le personnel soignant. Cependant, malgré l’ampleur des résultats de recherche qui abondent en ce sens, ces mesures de contrôle demeurent grandement utilisées dans les milieux psychiatriques, et le Québec n’y fait pas exception.

Vous proposez d’étudier l’efficacité du Plan de crise conjoint pour prévenir ces mesures coercitives. De quoi s’agit-il?

Il s’agit d’un plan d’action anticipé permettant de prévenir et de gérer une crise qui est élaboré conjointement entre la personne vivant avec un trouble de santé mentale, les intervenants. Son utilisation améliorerait la gestion des crises, ce qui contribuerait entre autres à une diminution des mesures coercitives.

L’approche collaborative en partenariat, avec les intervenants et les patients, est très importante pour vous, pourquoi?

En effet, nous avons vu dans la littérature scientifique les défis de certaines recherches quant à l’appropriation de l’intervention par les milieux. En réponse à ces difficultés, les approches impliquant davantage les milieux à différentes étapes  ont fait leurs preuves, comme l’approche collaborative organisationnelle. Celle-ci implique qu’utilisateurs de services, intervenants, gestionnaires et chercheurs se questionnent ensemble sur la problématique, le choix de l’intervention, son implantation et son évaluation. Chacun apporte son expertise singulière afin que l’intervention réponde aux besoins des utilisateurs de services tout en étant faisable et réaliste pour les intervenants. 

Quels sont les objectifs que vous souhaitez atteindre à l’issue de ce projet? Comment voyez-vous la suite?

À long terme, nous souhaitons une meilleure prévention et gestion des crises grâce, en partie, à l’utilisation du Plan de crise conjoint par les personnes présentant un trouble mental grave et les intervenants, entre autres en diminuant le recours à la coercition. Notre étude pilote permettra de proposer des recommandations pour une implantation à plus grande échelle et de poser les jalons d’une étude évaluative comparative de différents milieux francophones.

Christine et Sophie: quelle carrière souhaitez-vous entreprendre après vos études?

Sophie: De mon côté, étant bien animée par le domaine de la recherche, il est certain que je souhaite continuer de contribuer aux projets de recherche, et ce, en particulier lorsqu’ils concernent la discipline infirmière et la santé mentale. Étant également appelée à prendre part à des projets sur le terrain, j’aspire à un poste me permettant de parfaire mon expertise clinique et mes connaissances pratiques.  

Christine: Depuis le début de ma maîtrise en septembre 2020, j’ai découvert un tout nouveau domaine pour lequel je suis tombée amoureuse, la recherche. Depuis le début de mon baccalauréat, il y a 5 ans, j’aspirais à intervenir auprès de la clientèle en santé mentale. Ce rêve étant réalisé depuis maintenant 2 ans, je souhaiterais continuer à intervenir auprès de cette clientèle, mais en penchant du côté de la recherche.

Vous avez souhaité faire une capsule vidéo pour promouvoir votre projet. Pour quelles raisons? 

Notre projet concernant différents publics, à savoir les utilisateurs de services, les intervenants et les gestionnaires, il nous était important de trouver un canal de communication universel et accessible, d’où l’idée d’une capsule vidéo. Ce besoin a été d’autant plus important qu’avec la pandémie, nous n’avons plus autant accès aux équipes cliniques pour aller expliquer les projets de recherche. Nous voulions également profiter de l’occasion pour informer et sensibiliser un public plus large à nos enjeux de recherche. C’est pourquoi dans cette capsule, nous présentons les grandes lignes du projet de recherche dans un langage simple.

Pour contacter l’équipe ou obtenir davantage d’information sur le projet: plandecriseconjoint@gmail.com

La capsule vidéo!

Capsule vidéo

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