Nous venons de réaliser une infographie pour Noémie Carbonneau, professeure et chercheure à l’Université du Québec à Trois-Rivière, afin de résumer les résultats de son dernier projet en psychologie de l’alimentation. Le projet a été financé par le Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS) et le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH). Elle a accepté de nous rencontrer pour nous parler de l’histoire de son projet.

Pourrais-tu te présenter en quelques mots?

Je suis professeure agrégée au Département de psychologie de l’UQTR. J’ai fait un baccalauréat en psychologie à l’Université Laval, un doctorat en psychologie sociale à l’UQAM et un postdoctorat à l’Université McGill avant d’obtenir mon poste de professeure en 2013.

Quels sont les thèmes de recherche qui t’intéressent et pourquoi?

Mes recherches se situent dans le domaine de la psychologie de l’alimentation. Je me sers de théories et concepts issus de la psychologie sociale pour mieux comprendre le comportement alimentaire des individus. Je m’intéresse particulièrement à la régulation du comportement alimentaire au sein des couples et de la relation parent-enfant.

Comment t’es venue l’idée de ce projet (résumée dans l’infographie)?

Je suis très intéressée par la transmission intergénérationnelle des comportements et attitudes liés à l’alimentation et à l’image corporelle, particulièrement au sein de la relation mère-fille. Plusieurs études dans ce domaine se sont penchées sur les caractéristiques de la mère qui représentent des facteurs de risque pour le développement, chez leurs enfants, de préoccupations par rapport à l’image corporelle, au poids et/ou à l’alimentation. J’ai donc eu le goût d’explorer l’envers de la médaille, c’est-à-dire des attitudes de la mère qui pourraient constituer des facteurs de protection à cet égard. De là est venue l’idée d’examiner la transmission mère-fille d’attitudes telles que la compassion pour soi et l’estime corporelle.

Quand on lit un article scientifique, on a l’impression que le projet est un « long fleuve tranquille » avec des étapes qui s’enchainent logiquement et facilement. As-tu rencontré des difficultés pour mener à bien le projet?

Ce qui est le plus difficile lorsqu’on mène ce type d’études est de trouver des dyades mères-filles dont les deux membres acceptent de participer à l’étude. On a plusieurs mères qui ont accepté de participer à l’étude, mais leur fille n’était pas intéressée, et vice versa. Le recrutement des participantes s’est donc échelonné sur plusieurs mois.

Si tu ne devais retenir qu’un seul résultat de ce projet, ce serait lequel?

L’un des résultats que je trouve le plus intéressant est le lien positif et significatif entre la compassion pour soi des mères et de leur fille. Je trouve ce résultat fort prometteur puisque la compassion pour soi est une attitude que l’on peut développer grâce à des interventions ciblées. Ce type de résultat laisse penser que si une mère apprend à avoir plus de compassion pour elle, ça pourrait avoir des avantages à long terme en termes d’image corporelle et de comportement alimentaire, tant pour elle que pour sa fille.

Quelles sont les suites prévues à ce projet?

Travailler sur ce projet et voir les résultats qui en ont émergé m’ont donné envie de pousser plus loin l’étude de la transmission parent-enfant des comportements et attitudes liés à l’alimentation et à l’image corporelle. Ce projet a généré une multitude de nouvelles idées de recherche. Par exemple, j’aimerais mener une étude sur les stratégies que les parents (tant les mères que les pères) mettent en place pour promouvoir une saine relation avec la nourriture et une image corporelle positive chez leurs enfants (fils et filles).

Tu nous as contactés il y a quelques semaines pour faire une infographie, dans le but de diffuser plus largement tes résultats de recherche. Qu’est-ce qui t’a poussé à faire cette démarche?

Les résultats de recherche sont principalement diffusés par le biais d’articles scientifiques et de présentations dans des congrès. Or j’aimerais que les résultats de mes travaux soient accessibles non pas seulement à la communauté scientifique, mais aussi aux intervenants, aux professionnels, aux étudiants et au grand public. Au final, j’espère que mes travaux de recherche puissent favoriser le déploiement d’interventions plus efficaces pour favoriser une saine relation avec le corps et la nourriture au sein de la population.

L’infographie!

Noémie souhaitait une infographie en format paysage et plein écran (lisible sans avoir à zoomer). Nous avons 1) fait le résumé simplifié de l’article scientifique, 2) proposé plusieurs gabarits d’infographie, 3) adapté le gabarit sélectionné et inséré le résumé simplifié. Des échanges fréquents avec la chercheure ont eu lieu à chaque étape, afin d’ajuster l’infographie à ses attentes. Elle a sélectionné une combinaison d’icônes et d’images représentant des femmes et une enfant, symbolisant les relations mères-filles. Nous avons proposé des couleurs douces, à partir des codes de couleurs des images. Cliquez sur l’image pour l’agrandir dans une autre fenêtre (certains navigateurs téléchargeront le fichier au lieu de l’afficher dans une nouvelle fenêtre, vérifiez dans ce cas vos téléchargements).

Nous remercions chaleureusement Noémie pour sa confiance et pour sa disponibilité tout au long du processus. Nous la remercions également de faire partie du mouvement des chercheurs s’engageant à une meilleure accessibilité des connaissances scientifiques dans la société.

Si vous souhaitez obtenir une infographie ou d’autres types de visuels pour parler de votre recherche, contactez-nous!

Liens utiles

Page professionnelle de Noémie Carbonneau sur le site de l’Université de Québec à Trois-Rivière.

Article sur lequel est basée l’infographie: Carbonneau, N., Goodman, L. C., Roberts, L. T., Bégin, C., Lussier, Y., & Musher-Eizenman, D. R. (2020). A look at the intergenerational associations between self-compassion, body esteem, and emotional eating within dyads of mothers and their adult daughters. Body Image, 33, 106-114.