J’ai toujours été passionnée par l’idée de participer à l’avancement des connaissances scientifiques. Principalement dans le domaine des sciences humaines et sociales, et également en santé. J’avoue être moins familière avec les recherches en nature et technologie. J’ai toujours pris beaucoup de plaisir à travailler avec les chercheurs. Intelligents, curieux et passionnés, ils sont dévoués à leur métier et ne connaissent pas les semaines de 35h.

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Je fais partie de ceux qui pensent que la recherche doit être diffusée au-delà des murs des universités, aussi souvent que possible et lorsque cela est pertinent. Lorsque c’est pertinent parce que ce n’est pas toujours le cas (ex. lorsque vous publiez des résultats novateurs mais basés sur un très petit échantillon, peut-être faudrait-il attendre de reproduire les résultats avant de communiquer au grand public?). La recherche sur la COVID en est un bon exemple. Cela méritera un billet de blog un jour.

Je note bien souvent une réelle volonté de la communauté de recherche de rejoindre davantage de monde pour faire connaitre leurs sujets de recherche, l’évolution des étapes clés de leurs projets ou parcours en recherche, leurs découvertes, etc. La communication en recherche est donc envisagée ici de façon plus générale que les traditionnels colloques et articles scientifiques en fin de projet. Bien souvent ce qui manque, c’est le temps. Le temps de réfléchir à la meilleure façon de s’y prendre, le temps d’élaborer une stratégie, le temps de se former à des méthodes novatrices de communication, le temps de communiquer. Ce qui manque des fois, c’est aussi l’argent, les budgets de recherche étant limités, particulièrement dans le domaine des sciences humaines et sociales, l’investissement dans des visuels de communication n’est pas une priorité.

Les organismes de subvention accordent de plus en plus d’importance aux diffusions des connaissances. Dépendamment des organismes, ces activités de diffusions s’appellent mobilisation des connaissances, transfert de connaissances, ou diffusion des connaissances. Peu importe leur nom, elles ont souvent la même limite: promouvoir les activités de communication en fin de projet. Pourtant, la communication est également essentielle en début de projet (lorsque l’on recherche des partenaires ou des terrains d’étude, lorsque l’on souhaite recruter des participants, lorsque l’on veut informer le grand public sur l’actualité en recherche etc.) et en cours de projet (lorsque l’on veut réunir différents publics pour discuter de nos résultats préliminaires, lorsque l’on veut les investir dans l’orientation à donner au projet, etc.). Cette communication, dont les coûts sont difficiles à faire financer, est donc souvent laissée de côté. Au diable un visuel travaillé pour promouvoir mon équipe de recherche et bonjour le document Word (en taille 10, sans interligne et marges étroites) 🙂

Heureusement, dans certaines structures de recherche, il existe des agents de communication, des webmestres, des coordonnateurs de projet, qui proposent des outils innovants et inspirants. Mais là encore, c’est une question de budget. Ce type de personnel est souvent un luxe que seule une poignée de chercheurs peuvent s’offrir.

Depuis quelques années, on assiste à une démocratisation des outils et plateformes de communication (Powtoon, Canva, Mailchimp, etc.), opérationnalisée par la mise en place de forfaits abordables, de tutoriels pour les nuls, de groupes d’entraide pour produire affiches, vidéos, pamphlets. Cette démocratisation ne semble pas avoir trouvé un grand écho dans nos communautés de recherche. Certainement en partie parce que le manque de temps évoqué plus haut continue de manquer. Certainement un peu aussi parce que la communication at-large n’est pas une priorité, ni pour certains chercheurs ni pour les organismes subventionnaires. Peut-être enfin parce que cela bousculerait les conventions et que le changement de pratiques fait peur (certains considèrent qu’un projet de recherche devrait se conduire derrière des portes clauses jusqu’aux résultats, diffusés via des articles scientifiques disponibles uniquement sur abonnement).

Nous avons tous notre part à jouer pour mieux communiquer autour des projets de recherche. À ma petite échelle, je compte faire partie du débat en offrant des services adaptés et abordables aux chercheurs qui souhaitent créer des visuels pour communiquer aux moments clés de leur recherche.