Depuis 2015, le Théâtre du Renard de Montréal rend accessible les savoirs scientifiques grâce à une combinaison savamment dosée de textes humoristiques truffés de références à la culture populaire, musique et théâtre d’objets. Nous avons eu le plaisir de réaliser une courte vidéo promotionnelle pour promouvoir la mission du théâtre, que vous trouverez en bas de page. Mais d’abord, place à notre entrevue avec la fondatrice et directrice artistique, Antonia Leney-Granger.

Crédit photo: Antoine Poursuibes

Pourrais-tu te présenter en quelques mots? Quel est ton parcours ?

À l’origine, mon parcours est plutôt artistique. J’ai fait mes études en théâtre à l’École Nationale de Théâtre du Canada à Montréal. Dès l’âge de 16 ans, je suis fascinée par le théâtre d’objets et la marionnette, quand je réalise que ce n’est pas DU TOUT réservé aux enfants, et même qu’on peut s’en servir pour aborder des sujets complexes, même philosophiques, avec humour et une grande liberté. C’est grâce au Théâtre du Sous-Marin Jaune et au Théâtre de la Pire Espèce que je découvre ma future famille artistique et l’esthétique qui me plaît le plus.

Ensuite, en 2014 j’ai voulu créer ma première pièce en théâtre d’objets, et par le plus beau des hasards j’étais en train de lire Une brève histoire du temps de Stephen Hawking, ouvrage qui me fascinait. J’ai donc décidé d’adapter le livre en théâtre d’objets… et je suis devenue à la fois marionnettiste et vulgarisatrice scientifique !

Comment t’es venue l’idée du Théâtre du Renard?

Le Théâtre du Renard a été fondé suite à la première version du spectacle Une brève histoire du temps. J’ai réalisé qu’on parlait encore très peu de science sur les scènes de théâtre, et même du savoir en général. J’ai créé le Théâtre du Renard pour allier ma curiosité sans limites à ma passion pour les histoires, pour utiliser les arts pour rendre des grandes idées accessibles de manière ludique et poétique pour un grand public.

Le nom du Renard vient du personnage dans le Petit Prince de Saint-Exupéry, qui demande au Petit Prince de s’asseoir chaque jour un peu plus près de lui, pour l’apprivoiser avant de devenir son ami. Je vois la mission de ma compagnie un peu de la même manière : les gens ne sortiront pas du spectacle en étant devenus spécialistes du sujet, mais peut-être que celui-ci leur paraîtra un peu moins étranger, un peu plus intriguant, qu’avant.

Antonia Leney-Granger

Je crois profondément que tout le monde est capable de tout comprendre, si c’est expliqué avec bienveillance, enthousiasme et humour. Je désire avant tout allumer une étincelle de curiosité, avec laquelle chacun pourra ensuite faire son bout de chemin.

C’est un concept très original. As-tu fait face à des difficultés particulières au moment de la création et depuis?

Certains des défis auxquels je fais face ressemblent aux défis de nombreux organismes culturels : recherche de financement, diffusion maximale des œuvres une fois qu’elles sont créées, développement de partenariats…

De mon côté, le plus grand défi a probablement été de présenter le spectacle dans des contextes scientifiques ou devant des spécialistes du sujet : j’étais très nerveuse qu’ils trouvent le propos trop superficiel, ou d’avoir fait des erreurs ! Finalement, chaque fois ils ont été très emballés par la proposition, et leurs commentaires ont définitivement enrichi le résultat. Et maintenant j’ai deux réseaux entiers (d’artistes et de scientifiques) avec lesquels collaborer!

N’ayant pas d’études spécialisés en science, mon plus grand défi reste la recherche et la validation scientifique des contenus des spectacles, et surtout comment combiner l’exactitude du propos avec la créativité et l’imagination que je désire déployer. Je ne cherche pas qu’à m’inspirer de notions scientifiques pour créer, mais bien à les faire comprendre – du moins sommairement – au public : cet équilibre entre liberté créatrice et rigueur scientifique est donc toujours à réinventer à chaque projet!

De qui es-tu entourée pour monter les spectacles?

Pour le premier spectacle, je l’ai créé et le joue seule. J’ai ensuite bénéficié d’un mentorat avec Francis Monty et Olivier Ducas, du Théâtre de la Pire Espèce, pionniers du théâtre d’objets au Québec, pour le finaliser.

Ensuite, pour chaque nouveau projet ça varie : je fais certaines créations seules, mais la plupart du temps je travaille au moins en duo avec une autre comédienne. Parfois, quand les budgets le permettent, nous pouvons nous allier de concepteurs (décor, accessoires, musique, lumière), d’une metteuse en scène, et même de consultants scientifiques.

Comment t’es-tu adaptée à la pandémie?

Au début, tout ce que j’avais prévu pour les 4 prochains mois a été annulé. C’était assez déstabilisant.

En même temps, ça m’a donné le temps et le recul nécessaires pour réfléchir sur ma vision pour l’avenir de la compagnie (chose qui est toujours difficile quand on est pris dans les urgences quotidiennes). J’en suis sortie en me disant que je voulais contribuer à ma manière au combat actuel et à venir pour le climat et la transition écologique. Le prochain cycle de création se fera donc autour du thème de l’écologie et de la biodiversité.

Au final, la pandémie m’a offert du temps, mais mon cerveau ne s’est jamais arrêté! J’ai maintenant plein d’idées et de projets en gestation, et j’espère pouvoir les mener à bien dans les prochaines années. Comme beaucoup d’artistes, je serai majoritairement en recherche et en création, car la diffusion en salles sera limitée cette saison. Par ailleurs, certains de mes projets sont pensés pour l’extérieur, donc ils verront peut-être le jour plus tôt que prévu, qui sait!

Quelles sont les prochaines activités du théâtre?

Labos du Renard – conférence art-science : Le 25 septembre, nous présentons la 2e édition des Labos du Renard, une soirée-conférence autour de projets art-science. Cette édition sera centrée autour de l’écologie et de l’action citoyenne : Comment créer de nouveaux récits qui mènent à l’action pour accélérer la transition écologique ? Elle mettra en lumière plusieurs projets actuels réfléchissant à cette question et va à la rencontre de chercheur.euse.s, créateur.rice.s et citoyen.ne.s qui osent rêver et réaliser, aujourd’hui, le monde de demain.

Autres projets : L’année 2020-21 sera principalement dédiée à la création du spectacle La rébellion du minuscule, alliant physique quantique et théâtre d’objets, ainsi qu’au développement des deux premiers projets du cycle Écologie : une série audio et un spectacle extérieur.

Sur quels médias sociaux pouvons-nous suivre le théâtre?

Sur Facebook, Twitter, Instagram, et LinkedIn. J’ai également un site web, une chaine Youtube et une infolettre.

Merci Antonia d’avoir répondu à nos questions. Nous te souhaitons bonne chance pour cet automne hors du commun!

La vidéo promotionnelle

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